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Agences de communication contre agences web ?

9 décembre 2009 Vu 1 032 fois 5 commentaires

L’ère du 360 ° ou la maîtrise des ensembles présentée par les agences de communication.

Depuis quelques mois, les agences de communication globales se sont vivement intéressées au média web en créant leur propre département ou en intégrant des compétences internes. C’est l’ère du 360° où la compétence des agences s’est étendue à l’ensemble des supports dont celui du net. De fait, les agences de communication font des sites web, du référencement, du webmarketing…

Cette position semble tout à fait cohérente. Puisque c’est l’agence de communication qui définie et maîtrise la stratégie de communication de ses clients, il est logique que l’agence de communication soit la plus à même de traduire cette stratégie via les différents supports : la télévision, l’affichage, la presse et aujourd’hui le web. Le web est considéré comme un nouveau support, avec ses subtilités mécaniques et qui est amené à diriger les orientations définies par les conseillers de la communication.

Sauf que … évidemment, ce n’est pas tout à fait notre vision des choses…

Le web social : une particularité qui nécessite une approche différente, une approche concourante

L’univers du web a cette particularité qu’elle impose d’introduire une relation interactive avec les internautes. Cette démarche implique ici et là des conversations auxquelles participent ou non ces marques. Ces conversations amènent des remarques, des critiques et parfois des propositions. On considère alors que, sur le net, “people are the media”. Certaines réactions des internautes peuvent briser des logiques de communication imaginées et budgétées depuis des mois, d’autres peuvent transcender ces logiques et imposer à la marque de réagir différemment.

Imaginer simplement que le petit café du commerce s’étende à plusieurs milliers de personnes, tout en conservant une proximité avec chacune d’entre elles. La marque qui s’incrusterait avec guirlandes et réclames serait, a priori, assez mal appréciée. Il faudrait qu’elle puisse discrètement s’installer au comptoir, écouter les conversations, commander un café, engager la conversation…

De fait, les logiques de communication classiques (verticales) d’une marque vers sa cible, deviennent des logiques de communication par l’échange (horizontales). D’une part ceci bouscule les attitudes classiques des annonceurs qui doivent accepter d’être en partie dépossédés de leur marque, et d’autre part ceci ouvre des opportunités nouvelles pouvant aller jusqu’à la co-conception des produits ou services avec les internautes. Pire, là où certains conseillaient encore aux annonceurs de créer autour d’eux une communauté (modèle classique, non perturbant), il faudrait expliquer aux marques qu’elles doivent se comporter de telle manière qu’elles soient, au final, un élément de cette communauté, qui n’est d’ailleurs pas que la leur.

Ainsi, le comportement d’un annonceur sur le web ne peut pas être une simple traduction des orientations émises par l’agence de communication. La particularité de ce média nécessite une approche différente, davantage transversale.

En fait, cette période correspond sensiblement à celle que nous avons pu vivre il y a quelques années concernant le référencement naturel. Les agences considéraient alors que le référencement n’était pas un élément fondamental de la création d’un site et qu’elles pouvaient le penser après les impulsions créatives. Le marché à montré qu’il s’agissait d’une erreur, car aujourd’hui le référencement est la consécration même de la démarche utilisateur. Les critères d’accessibilité, de pertinence de contenu, d’ergonomie fluide et de maillage cohérent sont au cœur de cette démarche.

De la stratégie web à la stratégie de communication ?

Je constate aujourd’hui que nous, en tant qu’experts du web et donc sensibles aux attitudes des internautes, sommes amenés à travailler de plus en plus en amont sur la stratégie web des marques. Si nous ne sommes pas une agence de stratégie, les conclusions de nos interventions amènent souvent les marques à se poser de nouvelles questions quant à leur démarche de communication globale, leurs produits ou services et même leur organisation interne.

Récemment, nous avons été amenés à répondre à un appel d’offre d’un grand groupe pour lequel plusieurs grandes agences de communication globales avaient été consultées. Notre réponse n’a pas été de proposer de plan média ou de dispositifs marketing mais, une présentation sur les objectifs et les attitudes des internautes et sur ce que cela impliquait en interne pour l’annonceur.

Nous avons remporté l’appel d’offre et avons réfléchi ensuite avec le client aux actions à engager. Ces actions partaient du web pour aller, au final, jusqu’à l’organisation de dispositifs hors web (journaliste, affichage, presse, évènements…). Ces actions seront ensuite relayées par nos partenaires ou les prestataires du client en accord avec la stratégie web impulsée.

Nous travaillons régulièrement avec des agences de communication expertes dans leur compétence (ex : Alphacoms, Moswo, Publicis…). Lorsque nous travaillons ensemble, Intuiti n’est pas en exécution des orientations de ces partenaires, mais celles ci sont bien discutées ensemble, en amont. Et l’expertise d’Intuiti peut, de beaucoup, modifier la démarche a priori imaginée par ces agences.

Pour aller plus loin : conférence Martin Quellette

Article rédigé par Arnaud Chaigneau, Directeur Associé d’Intuiti

5 commentaires »

  • roubaudi dit :

    Faut il opposer ceux qui parlent à tous (les agences tradi) à ceux qui parlent à chacun (les agences web) ? je ne le crois pas. Nous aurons toujours besoin de parler à tous. Les agences tradi ont encore de beaux jours devant elles. Maintenant elles doivent juste apprendre à partager le gâteau avec les agences web.
    je dirai que les agences tradi continueront toujours à s’occuper de la vitrine du magasin car elles savent le faire et le font bien. Mais elles doivent accepter que d’autres s’occupent de discuter avec les clients dans les rayons du magasin. Et c’est bien cela le web social.

    Maintenant il me parait normal qu’elles veuillent intégrer ces nouvelles compétences. Auront elles le nez creux dans le choix de la place qu’elles accorderont à ces compétences dans leurs offres ? Là est la question.

  • Gildas Renault dit :

    Très bon article Arnaud,

    Travaillant depuis 5 ans aussi bien dans agences traditionnelles et des agences web, il est clair que la façon de communiquer sur le web est totalement différente de celle de nos confrère du print.

    Sur le web l’internaute s’exprime sur le print il consomme ce qu’on lui donne et n’a pas son mot à dire. Une marque prend donc beaucoup plus de risque sur le web, elle doit alors être accompagnée par des spécialistes du milieu et les grandes agences traditionnelles commencent à le comprendre. Elle doit aussi accepter la critique et c’est une bonne chose. Une marque qui écoute ses clients va mieux répondre à leur attentes et donc vendre.

    Et les agences tradis qui ne comprennent pas ça vont s’en mordre les doigts. En ce qui concerne les agence 360 degrés, je constate souvent que cela dépend souvent du secteur marketing car il y a encore 2 écoles celle d ‘avant et celle d’après le web. Et même si tout le monde se dit conscient de l’importance du web ils sont très peu à comprendre son fonctionnement. Le bon “marketeu” de base va vous dire, oui faut mettre un twitter et un facebook sur votre site. Le client dit ok, puis au final il se retrouve avec plein de réseau sociaux, plein d’”amis” mais aucun contenu. Du vide …

    Aujourd’hui c’est avec des idées et du contenu qu’on fait vivre sa marque. Le réseau se forme de façon naturel autour de ça.

    L’image d,une marque ne se fait plus de façon traditionnelle, avis aux agences “traditionnelles” (ou devrait-on dire “old-shool”) !

  • achaigneau (author) dit :

    Samuel Oudin m’a dit que le billet allait être publié sur la prochaine lettre Com&médias de janvier 2010.. euh… ok… j’assume…

  • SamiaRamdani dit :

    Arnaud,
    Je partage tes points de vue. Et j’ajoute une petite chose, qui peut sembler hors-sujet, mais pas tant que ça. Une agence traditionnelle de com’, même si elle a intégré les rudiments des enjeux du web, n’abordera pas forcément l’impact des leviers TIC sur la stratégie de développement de l’organisation…
    Et dans mon métiers de conseil, comme vous, je ne commence pas par définir la stratégie web. Je commence bien en amont : comment les TIC (côté usages) impactent mon développement, comment je les intègre (à quel rythme, et à quel coût)et surtout mon entreprise est-elle en mesure d’”encaisser” le changement, particulièrement sur le volet des compétences humaines…
    Je le dis sans gêne aucune : les agence de com’ traditionnelle du print, par exemple, ne sont pas les mieux placées pour conseiller en web… A chacun son métier, et tout ira bien…

  • achaigneau (author) dit :

    Merci pour vos commentaires qui amènent également à débat.

    Pour être très clair, il ne s’agit pas d’opposer les agences web aux agences de communication (d’où le point d’interrogation), ni de dire que le web se place désormais au dessus des parties. Il s’agit de prendre en compte la spécificité du web, au delà d’une boîte à outils, pour intégrer cette démarche en phase de réflexion amont. Et de l’intégrer vraiment. Pas en simple exécution ni en sous-traitance. Il est ainsi possible d’aller plus loin dans l’offre et plus loin dans la démarche jusqu’à imaginer de nouveaux services que le web peut permettre de créer.

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