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La culture d’innovation en entreprise : l’exemple du projet 20% de Google

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Dès que l’on parle d’innovation, le projet 20% de Google est le « Good Win » de la discussion. Peu importe le sujet d’innovation abordé, Google et son projet 20% seront très souvent cités.

Dans le cadre de la newsletter MarketUp, heb’dose de performance marketing, nous avons interrogé Samson Lewin, ex Product Marketer chez Google sur la mise en place de ce projet si souvent cité.

Le projet 20% de Google ?

Le projet 20% chez Google consiste à consacrer 20% de son temps de travail à un autre projet que son activité principale. Cela peut être une nouvelle idée que l’on voudrait mettre en place ou simplement travailler dans une autre équipe et à d’autres fonctions que les siennes. De cette initiative sont nés des grandes innovations chez Google comme Google Maps, Google Arts and Culture ou le Google Cardboard (le premier casque VR!)

Ces projets concernent toutes les strates de l’entreprise, employé “classique” ou Senior Executive. Il me semble toutefois qu’un petit pourcentage uniquement de l’entreprise se lance dans ce genre d’initiatives (maximum 10%)

Quelle organisation ?

Avec l’accord de son manager, le projet peut être vite pitché aux équipes, qui peuvent s’y greffer. En quelques semaines à peine, un 20% peut passer d’un simple idée à un projet à part entière.

Les refus de projets 20% par les manager sont assez rares. Cela peut être le cas si le projet risque de prendre trop de temps sur l’activité principale du collaborateur et donc mettre en danger ses résultats attendus.

Toutefois, venant tous d’équipes différentes et ayant des emplois du temps assez chargés, il est parfois difficile d’y consacrer du temps, de se réunir et les projets 80/20 deviennent rapidement des projets 100/20 !

La rentabilité, un critère clairement affiché ?

Originellement, ces 80/20 étaient entièrement à l’initiative des collaborateurs. Aujourd’hui, l’entreprise à tendance à favoriser les projets pouvant avoir un impact positif sur les résultats économiques de l’entreprise. Pour ce faire, une liste de projets proposés par des employés Seniors est mise à disposition sur une plateforme interne. Il est ensuite possible de se greffer à des projets existants. Si l’impact business est fort, l’idée est rapidement reprise par l’équipe la plus appropriée et devient un projet à part entière.

Il existe encore quelques initiatives “non régulées” qui sont le fruit du travail privé de certains employés. Ces projets deviennent toutefois de plus en plus rares et l’impact business n’est pas toujours une priorité. C’est plutôt un moyen de laisser aux employés la possibilité d’exprimer leur créativité et leur volonté d’innovation. On peut considérer en un sens que le projet 20% n’est qu’une technique managériale.

Il me semble que l’un des risques pour l’entreprise est que les projets 20% ne bénéficient pas nécessairement à l’entreprise. En effet, de nombreux projets sont portés par des employés avec pour prétexte un bénéfice direct pour l’entreprise. Ce sont toutefois parfois des initiatives entrepreneuriales et volontés de création d’entreprises camouflés.

Une obligation de résultats ?

On peut considérer les projets 20% comme des “initiatives” ou des points de départs. Ils ont pour objectif de satisfaire la volonté d’innovation et de création des employés. Comme pour un projet entrepreneurial, seule une infime partie finit par réussir. Une grande partie des 80/20 est abandonnée en cours de route car trop prenante ou pas assez engageante. Seuls les rares projets a réel impact et en lien avec la stratégie de l’entreprise sont soutenus. Certains considèrent même le 20% comme un mythe car ceux s’étant transformés en activité de Google à part entière se comptent sur les doigts de la main.

Une compétition entre salariés ?

Le 20% est devenue une vraie mode chez Google. Chaque employé se sent le devoir d’avoir un projet 20% et consacre beaucoup de temps à réfléchir à de nouvelles idées ou à chercher des idées existantes. C’est pour chacun la possibilité d’exprimer sa volonté de faire avancer l’entreprise et nous nous retrouvons presque dans une “compétition du 20%” où chacun doit avoir le meilleur projet ou la meilleure idée.

Comment répliquer dans d’autres entreprises ?

Les choses a réellement considérer sont pour moi les suivantes : la flexibilité de l’organisation et la culture d’entreprise.

Les employés Google ont un réel “amour” pour leur entreprise. Ils ont de nombreux avantages, une cadre de travail très agréable, un management très horizontal et souple, et surtout un excellente paie! Heureux de ce cadre et fiers de la renommée et réussite de leur entreprise, les collaborateurs sont motivés par une réelle envie de faire avancer Google et de consacrer du temps supplémentaire à sa réussite.

Si un projet 20% s’avère être fructueux, il s’agit de pouvoir rapidement adapter l’organisation de l’entreprise pour créer une nouvelle équipe dédiée. L’entreprise doit donc dans ce cas être organisée en mode “projets”.

Enfin, ce qui me semble primordial, c’est de considérer les employés pour leur potentiel et non pas pour leurs qualifications. Chaque métier peut être appris et un employé Google peut passer d’une fonction d’analyse, a une fonction de sales puis de marketing ou de RP en à peine quelques années.

 

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